Agé de 31 ans, Jérémie Assous est diplômé en droit à la Sorbonne. Avocat généraliste il est inscrit au barreau de Paris.

 


Maitre Assous est célèbre pour être l’avocat des ex-candidats des émissions de téléréalité qui ont envahies le PAF depuis 2000. Il est celui qui fait trembler la télévision. Explications…

 

En 2003, âgé de seulement 26 ans, il ouvre son premier dossier ‘téléréalité’ pour un ancien candidat de l’ile de la tentation qui le consulte sur la validité d’une clause de non concurrence présente dans le règlement du jeu auquel il a participé. L’avocat n’ayant pas la télé, il a un regard vierge sur l’histoire de l’ex-candidat et particulièrement sur la relation entre celui-ci et la société de production GLEM : il s’agit d’un contrat de travail. Les candidats suivent des directives, horaires, scénarios, doivent parfois ‘rejouer des scènes’, sont soumis dans le règlement à des clauses de non concurrence, … Ces éléments lui paraissent suffisants pour obtenir une requalification en contrat de travail.

 

Fan de la Comédie Humaine de Balzac Assous n’hésite pas à faire le parallèle : «Quand vous savez que les people qui participent aux émissions de télé-réalité, eux, sont payés, vous vous dites que rien n'a changé depuis «la Maison Nucingen». Les riches veulent bien partager l'argent, mais seulement avec ceux de leur caste.» Si on peut effectivement valider cet argument philosophique, le raisonnement juridique fondant la requalification est lui plus contestable et raisonne dans ce qui semble être un vide juridique, les candidats se trouvant quelque part entre rien du tout et un régime de travailleur ou d’artiste.

 

Aujourd’hui il est l’avocat de plus de 120 ex-candidats et s’est lancé dans un marathon de procès. Si la cour d’appel de Paris avait reconnu la qualité de salarié à une ex-candidate de l’ile de la tentation en mars 2008, le Conseil de Prud’hommes de Saint-Etienne a en décembre dernier adopté une position contraire en refusant cette requalification à un autre ex-candidat. La cour de cassation saisie par GLEM s’apprête à éclairer le débat qui oppose la doctrine et divise les juridictions. Comme on dit chez nous, ça va faire jurisprudence…

 

Jérémie Assous réclame devant les Prud’hommes entre 140 000 et 600 000 euros par candidats. Les craintes des producteurs sont cristallisées dans les propos tenus la semaine dernière par Angela Lorente sur le plateau de ‘Médias le Magazine’, l’émission de Thomas Hugues, où la responsable du département téléréalité de GLEM annonçait qu’en cas de décision défavorable de la cour de cassation, ce serait la mort de la télé, des jeux, émissions, et documentaires.

 

Les lumières de la cour de cassation devraient nous aider à y voir plus clair…

 

En attendant Maitre Assous fait des émules et sur des fondements similaires, les procédures se multiplient dans le monde entier.

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