Je vais rester dans le people, après mon dernier post sur Pharrell Williams et Robin Thicke, parlons de Crispin Glover.

Crispin Glover, le nom ne vous dit probablement rien, et pourtant vous le connaissez certainement, il incarnait George McFly dans Back to the Future (Retour vers le Futur), le père de Marty (Michael J. Fox). Et alors que les fans vont célébrer le 21 octobre 2015 l’arrivée dans le futur de Marty qui, dans le deuxième volet de la trilogie débarquait à cette date, revenons sur un détail du casting. Vous vous souvenez peut-être que dans ce film, Marty McFly va à nouveau croiser ses parents, et vous pouvez penser que Georges McFly est toujours joué par Crispin Glover, mais en réalité, faute d’un accord financier, il n’a pas été retenu par l’équipe de production. Et pourtant, dans votre souvenir la ressemblance est troublante, tout ça est un peu confus, et pour cause, la production a fait le choix de conserver le personnage dans le scénario et par une pirouette a utilisé des images du premier film et un acteur qui ressemble à Crispin Glover pour tourner de nouvelles scènes……. La production s’est même enfoncée en abusant de maquillage et de prothèses pour parfaire la ressemblance.

Alors ? Des images d’archive et un ‘sosie’. Comment articuler ce cas avec le droit à l’image ?

Si nous sommes ici dans un cas de droit américain, nous pouvons raisonner de façon quasi similaire avec le droit français et transposer ce cas pour illustrer la règle.

En France, l’image d’une personne est protégée par l’article 9 du Code Civil, « Chacun a droit au respect de sa vie privée «... » ». Le droit à l’image n’apparait pas dans ce texte mais les juges l’ont reconnu et englobé dans la protection de la vie privée comme le droit que possède tout individu sur son image. En pratique, on ne peut pas voir son ‘image’ (photos, vidéo, …) captée, stockée et/ou surtout publiée/diffusée sans avoir donné son consentement préalable et explicite.

Les conséquences dans notre cas Crispin Glover contre la production de Retour vers le Futur II sont évidentes. En faisant le choix de continuer à utiliser l’image de l’acteur pour le personnage de Georges McFly sans avoir recueilli son accord, la production a violé son droit à l’image. Utiliser des anciennes images ne résout pas l’absence d’accord, et si Crispin Glover avait accepté l’utilisation de son image dans le premier film, réutiliser des images dans le second nécessite un nouvel accord pour une nouvelle utilisation. De la même façon, utiliser un sosie ne fait pas plus avancer la production du film vers la légalité, au final c’est toujours l’image de Crispin Glover que les spectateurs perçoivent, même si elle est portée par un sosie. Ce serait un peu simple d’avoir recours à des acteurs ressemblants, maquillés, voir numérisés pour contourner le droit à l’image.

Crispin Glover a gagné son procès contre la production et les producteurs américains se sont engagés collectivement à ne plus utiliser ce type de méthodes pour remplacer des acteurs entre plusieurs films.

Attention aux fausses bonnes idées !

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